Va-t’en guerre, et Valse en ville


Va-t’en guerre, et Valse en ville

VTC manif république
Les yeux encore embrumés par le sommeil, c’est non sans difficulté que je pose le pied dehors ce mercredi 3 février.

Saisi par le froid et le bruit, j’avance péniblement vers la place de la République, dans l’espoir d’y trouver un bus.

A quelques pas de là, une bande de potes s’était retrouvée pour bredouiller des mots dont je ne distingue pas encore nettement les syllabes.

Perplexe et néanmoins curieux, je pose sur mes tempes un ongle plus affûté que mes pensées, et l’agite de haut en bas, avec le semblant d’énergie dont je dispose à cette heure matinale.

Je me saisis également des mes doigts pour frotter mes yeux, qui en dépit de cette animation, ne trouvent décidément pas le chemin du réveil.

Enfin paré, c’est avec stupeur que je découvre une place de la République frénétique, bruyante et polluée.

Des voitures ont pris possession de l’espace et leurs occupants ne me semblent pas être animés des meilleures intentions.

Je perçois ici et là, des sons familiers;
Valls par ci, Loti par là, licence individuelle ou encore transports collectifs.

Soit.

Tout cela me paraît un bien joyeux bazar pour démarrer la journée;

Enfin, la mienne…
Au vue de l’état d’agitation générale, je conclus qu’ils ne viennent pas de se lever…

Un matin de février frénétique donc, où vrombissent des moteurs de VTC lâchant pour certains leurs délicates odeurs d’échappement. J’en prends une bonne bouffée au passage, avant de projeter mes yeux pour une vue d’ensemble.

Au quatre coins des pavés, les moteurs bruissent fièrement. Ces véhicules se répandent telle une grosse tâche d’huile sur la grande place. Une sorte d’Amoco Cadiz urbaine.

Soit.

Soudain…

Pour qui, pour quoi? Je ne sais pas…
Mais Arlette Laguiller fait irruption dans ma pensée “Ils nous spolient nos licences!”, aurait-elle sûrement manifesté. Mais Arlette n’est pas là.
“Pas là, mais t’es où? Pas là, mais t’es où ouh ouh…” Enfin, bon … Je m’égare …

Ainsi pour une sombre histoire de licence, avaient-ils pris ce matin, possession de la place et de la ville;
Et pour continuer dans leurs véhicules à mettre de l’essence, étaient-ils venus chafouins, en va-t’en guerre et valse en ville.

Cidjee


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